Saint-Louis et Delta Sine-Saloum

A la rencontre de la richesse ethnographique et environnementale de l’une des régions les plus authentiques d’Afrique occidentale

Point de départ: KEDOUGOU

Avec ses quelques 30.000 habitants, Kédougou est la principale agglomération de cette partie du Sénégal oriental et constitue un point de départ incontournable pour la découverte de la magie de la région. Kédougou est sans doute l’une des régions dont parlent le moins les guides d’information touristique, mais qui par contre abrite des trésors authentiques du point de vue environnemental et surtout culturel et ethnographique. Cependant, on ne peut accéder à cette région que par la route et la distance est assez longue au départ de Dakar. La meilleure option pour un voyage indépendant est de prendre une sept place à la gare routière, très tôt le matin. A signaler que les véhicules de transport en commun ne prennent départ qu’une fois remplis (7 sièges) dans ce cas, d’où l’importance d’y arriver le plus tôt possible afin de prendre l’un des tout premiers qui vont sur Tambacounda. Une fois là, il faut prendre une autre sept place jusqu’à Kédougou, un trajet au cours duquel vous traverserez le Parc National du Niokolo Koba. En fonction des aléas du voyage, vous arriverez en fin d’après midi ou même dans la soirée. Vous pouvez également prendre l’autobus de Tambacounda pour rallier Kédougou, avec beaucoup plus de risques d’arriver tard, car il faudrait tenir compte du nombre de sièges à remplir avant son départ, des arrêts interminables en cours de route pour descendre des clients, des bagages, et pour en prendre d’autres éventuellement. Il faudrait vraiment de la patience si vous désirez vivre cette expérience de la réalité et du quotidien des africains. L’autre alternative au départ de Dakar est de prendre l’autobus de la compagnie Niokolo Transports (Tél: +221 33 835 54 17) qui fait la navette entre Dakar et Kédougou avec un seul arrêt en chemin. Ce voyage est nocturne et l’autobus est assez confortable.

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INFORMATIONS A PRENDRE EN COMPTE

Les distances entre les différents sites d’intérêts sont généralement longues et en fonction de la période de l’année, certaines routes et pistes sont chaotiques, voire impraticables. Pendant la saison des pluies, l’alternative la plus sûre si vous désirez faire ce circuit est de louer un 4×4 à Kédougou, même si par ailleurs c’est l’option la moins écologique. Pour ce faire, vous pouvez louer les services d’un guide local à Kédougou qui se chargera de tout organiser. Si vous avez un peu plus de temps et de patience, vous pouvez compter sur le transport public (sept places, mini car, en fonction des trajets et des jours de la semaine) qui font la navette entre les principales agglomérations: Kédougou-Dindéfélo ou Salémata, avec des arrêts à Bandafassi, Ibel, etc. Il y a également la possibilité de louer une bicyclette pour effectuer ce circuit, même s’il est à préciser qu’il faut vraiment être en forme. En saison des pluies, la route qui relie Salémata à Ethiolo est quelques fois impraticable, même en 4×4. Une autre option très recommandable pour les voyageurs slow qui voudraient découvrir la région au millimètre près, est de faire ce trajet Salémata-Ethiolo à pied (2h à 2h30 en fonction de votre rythme), à travers de très beaux paysages, des champs, avec des va-et-vient interminables de la population locale. Il ne faut surtout pas trop éprouver sa condition physique car  il y aura quelques collines à escalader. Un jeune de la localité ou un guide peut vous accompagner et venir vous chercher quand vous désirerez.

Il est recommandé des vêtements et des chaussures adéquats pour ce circuit. Prévoir un ciré de juin à septembre, quelques fois à octobre, car les pluies diluviennes sont assez fréquentes en ces mois. Il est fondamental de voyager avec une lampe torche car beaucoup de villages ne sont pas électrifiés, même si la plupart des campements et structures d’hébergement disposent de plaques solaires ou de générateurs. En saison des pluies le mauvais temps peut provoquer des coupures d’électricité. Il est également recommandé pour toute visite au Sénégal un vaccin contre la fièvre jaune et une prophylaxie contre la malaria. Les insectifuges contre les moustiques sont conseillés ainsi que les habits longs au coucher du soleil et pendant la nuit. Il faut également se munir de crèmes solaires en prévision des journées trop ensoleillées.

 1.     KEDOUGOU – BANDA FASSI (30 min)

Départ de Kédougou vers Bandafassi, un petit village où cohabitent l’ethnie Bédik, de tradition animiste ou chrétienne et l’ethnie Peul, de religion musulmane. Bandafassi est un bon point de départ pour visiter les villages Bédik d’Andiel et d’Ethiwar. Dans le passé, les Bédik ont résisté aux assauts des peuples islamisés du Royaume de la Guinée, en se réfugiant en haut des montagnes afin de rester isolés. A leur installation, les ils travaillaient de nuit pour se cacher le jour dans les grottes, ce qui fait qu´il sont parvenus à garder intactes leurs traditions animistes jusqu´en plein XIXe siècle qui marque l´arrivée de la mission catholique. De ce fait, les deux religions: animisme et christianisme cohabitent de nos jours dans tous les villages de cette ethnie. Pour visiter le village d’Andiel, la meilleure option est de se faire accompagner par un guide local de la famille Camara, l’une des familles du village et dont le rôle est de veiller sur les traditions. Les Keita sont les chefs et les Samoura se chargent d’organiser les fêtes.

2.     BANDAFASSI – IWOL – ETHIOLO (1h30)

Cap sur le village voisin d’Ibel, en majorité Peul. A l’image de la plus part des villages de la zone, les conditions de vie ne sont pas du tout faciles ici: pas d’électricité. Les femmes vont chaque matin et soir au puits à la recherche de l’eau qu’elles acheminent ensuite dans des bassines portées sur la tête. Le rythme de vie est le même qu’autre fois: à 21h presque tout le monde est au lit, et à 7h du matin, comme une montre, le coq se charge de vous alerter pour commencer déjà la journée. A partir de Ibel on peut escalader la montagne jusqu’à Iwol, le sanctuaire authentique des Bédik. La montée doit se faire posément pour mieux contempler le paysage, et éviter par la même, d’éprouver sa capacité physique car le dénivellement est quelques fois énorme, ce qui peut rendre le chemin plus dur, surtout en période de chaleur. Avec un peu plus de chance, vous serez accueillis par le chef du village Jean Baptiste, qui vous racontera jusqu’au plus petit détail l’histoire des Bédik et leur lutte perpétuelle pour garder intactes leurs traditions. Il est fort probable d’assister in situ à une activité traditionnelle en rapport avec l’agriculture ou l’artisanat. Vous avez aussi la possibilité de visiter le baobab sacré dont le tronc dépasse les 20m de diamètre. Pour y avoir accès, il faut payer un droit de visite à 1.000 cfa (aprox. 1,5€) par personne qui couvrent et le droit de visite, et les dégâts sur la culture bédik que peuvent causer les de touristes.  Vous pouvez également acheter en allant de la noix de kola (excitant amère très apprécié) pour les personnes âgées. Nous vous recommandons vivement de monter avec un guide local. Retour à Ibel et continuation sur Salémata et Ethiolo.

3.     ETHIOLO – SALEMATA – DINDEFELO (2h)

Ethiolo est le sanctuaire des Bassari, l’un des groupes ethniques les plus fascinants d’Afrique occidentale. Ce village est un point de départ idéal pour aller à la découverte de la culture ancestrale bassari qui ne laisse personne indifférent. Les rituels et fêtes bassari organisés entre novembre et février à l’occasion des récoltes, l’initiation des jeunes au mois de mai, sont des moments inoubliables qui mettent en exergue la toute richesse culturelle de cette ethnie. Les Bassari ont gardé ente autres leur mode traditionnel de donner les noms aux nouveau-nés, lesquels noms sont choisis en fonction de l’ordre de naissance. Cette ethnie dont la société est divisée en classes d’âges développe le sens de la vie en communauté. Que ce soit en voyage indépendant ou en groupe organisé, vous êtes tenus de vous faire accompagner par un guide local Bassari, une décision consensuelle prise par la communauté de cette ethnie pour une meilleure gestion du flux croissant de touristes. Pour mieux comprendre les traditions de ce peuple, le guide local vous fera découvrir le village, ses places symboliques, ses champs, la signification des différents masques bassari très colorés et qui constituent une véritable marque identitaire. C’est dire qu’à Ethiolo, vous vivrez une expérience ethnographique unique, en contact avec une culture millénaire qui a su se préserver jusqu’à nos jours. Demi-tour après la visite vers Salémata où les Bassari cohabitent avec les Peul. En fonction des jours de la semaine, vous pouvez assister à une journée pleine de vitalité et de couleurs autour d’un marché hebdomadaire. Si vous avez loué un 4×4, vous pouvez aller directement à Dindéfélo. Autrement dit, vous serez obligés de repartir en sept place ou en autobus jusqu’à Kédougou d’où vous prendrez un autre véhicule sur Dindéfélo.

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4.     DINDEFELO – DANDE

Il y a de fortes chances de connaitre à Dindéfélo le personnel de l’Institut Jane Goodell Espagne qui a un projet en cours pour la conservation de l´une des dernières familles de chimpanzés vivant dans cette partie d´Afrique. Sur proposition de cette entité de protection de l´environnement et grâce à l´appui de la Communauté Rurale de Dindéfélo, une superficie de 13000 hectares a été déclarée Réserve Naturelle Communautaire. A Dindéfélo vous serez accompagnés d’un guide local qui vous fera visiter la magnifique cascade du village (droit de visite: 1000 fca = 1,5€ par personne), où vous serez émerveillés par le patrimoine écologique et environnemental de cette région du Sénégal. Nombreux sont ceux qui affirment que c’est l’une des plus belles zones du pays, une thèse que vous ne manquerez certainement pas de défendre surtout si vous vous y rendez juste après l’hivernage où le paysage devient tout vert et splendide. Ici l’eau ne maque pas et la cascade de Dindéfélo n’est pas l’unique du genre dans cette partie la plus haute du pays, jalonnée par les montagnes du Fouta Djalon. C’est un lieu impressionnant où vous entrerez en contact direct avec la nature sauvage. Le débit des chutes d’eau très élevé en hivernage, dépend de la période de l’année à laquelle vous visitez les cascades. Possibilité de s’y baigner. Une étape très recommandée est la visite de Dandé, un petit village perché du haut d’une colline (droit de visite: 1000 fca = 1,5€ par personne). Pour ce faire, il nous vous conseillons de prendre juste les habits nécessaires et laisser votre équipage au campement de Dindéfélo, car l’ascension ne peut se faire qu’à pied. Là encore vous aurez à solliciter votre condition physique, mais cette visite en vaut la peine car vous serez émerveiller par une vue spectaculaire sur la campagne.

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5.     DANDE – DINDEFELO – KEDOUGOU

Après le petit déjeuner, nous prendrons la direction du plateau de Dandé où nous visiterons les grottes du village, une énorme et magnifique caverne taillée dans la roche au XIXᵉ siècle par les soldats du Roi de Guinée pour l’extraction de la terre qui lui servait de poudre à canon, dans son élan d’islamiser toute la région d’Afrique de l’ouest. De là, il ne suffira que de 30 minutes de trekking pour atteindre les superbes formations rocheuses qui servent de mirador de luxe sur tout le plateau. Ce lieu communément appelé les dents de Dandé est sans nul doute l’endroit idéal pour s’isoler, contempler le paysage et méditer sur nos habitudes dans cette société « moderne » où nous vivons. De retour à Dandé, nous redescendrons jusqu’à Dindéfélo d’où nous retournerons à Kédougou, notre point de départ.

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